Résumé
Cet article a pour objectif d’analyser les types de conflits et les différents mécanismes de leur gestion dans le département de Takièta au Niger. La méthodologie utilisée dans la réalisation de ce travail a combiné les recherches bibliographiques et les enquêtes terrain. Ces dernières ont été conduites sous l’utilisation des méthodes qualitatives et quantitatives. Les méthodes des statistiques descriptives et multivariées sont utilisées dans le traitement et analyse des données. Dans l’analyse des résultats, le modèle IMRAD (Introduction-Méthodologie-Résultats-Analyse-Discussion) a été utilisé. La combinaison de tout ces outils et méthodes ont abouti aux résultats selon les quels les conflits fonciers récurrents dans le département de Takièta se manifestent entre agriculteurs-éleveurs (85,2%), agriculteurs entre eux-mêmes (45,29%) et les conflits environnementaux (14,35%). Ces conflits sont principalement causés par les dégâts champêtres (62,78%), le manque de sécurisation des droits fonciers (54,26%), les problèmes de gestion des conflits fonciers (36,32%), la non participation des communautés locales dans la prise de décision (35,87%), l’accès inéquitable à la terre (28,7%) et l’insuffisance de gestion durable de l'environnement (9,87%). Ainsi, les conséquences qui en découlent sont principalement la destruction de la cohésion sociale (60,09%), la perturbation des activités économiques (56,5%), la fuite des bras valides (43,05%) et la perte en vies humaines (7,17%). Pour prévenir et gérer les conflits fonciers plusieurs stratégies sont mises en place. Il s’agit de la médiation communautaire (62,33%), l’arbitrage (50,22%), le recours juridique (48,88%), l’intervention des autorités locales (37,22%), le dialogue intercommunautaire (32,74%) et la mise en place des commissions foncières (18,39%). Afin d’améliorer ces mécanismes, il est important d’intensifier les sensibilisations, le renforcement des capacités de médiation locale, les reformes foncières et la redynamisation des commissions foncières.
Abstract
The aim of this article is to analyze the types of conflict and the different mechanisms for managing them in the Takièta department of Niger. The methodology used in this work combined bibliographical research and field surveys. Field surveys were conducted using qualitative and quantitative methods. Descriptive and multivariate statistical methods were used for data processing and analysis. The IMRAD model (Introduction-Methodology-Results-Analysis-Discussion) was used to analyze the results. The combination of all these tools and methods led to the results that recurrent land conflicts in Takièta department are those between farmers and stockbreeders (85.2%), between farmers themselves (45.29%) and environmental conflicts (14.35%). These conflicts are mainly caused by field damage (62.78%), lack of secure land rights (54.26%), land conflict management problems (36.32%), non-participation of local communities in decision-making (35.87%), inequitable access to land (28.7%) and insufficient sustainable environmental management (9.87%). Conflicts result in a number of consequences, the main ones being the destruction of social cohesion (60.09%), the disruption of economic activities (56.5%), the flight of able-bodied people (43.05%) and the loss of human life (7.17%). Several strategies have been put in place to prevent and manage land conflicts. These include community mediation (62.33%), arbitration (50.22%), legal recourse (48.88%), intervention by local authorities (37.22%), inter-community dialogue (32.74%) and the establishment of land commissions (18.39%). In order to improve these mechanisms, it is important to intensify awareness-raising, local mediation capacity-building, land reform and the revitalization of land commissions.