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Annales de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines

Revue de l'Université de Moundou

Foncier rural et tensions intercommunautaires en Côte d’Ivoire : perceptions sociales, dynamiques migratoires et enjeux de gouvernance

Résumé

Cet article analyse les liens entre foncier rural et tensions intercommunautaires en Côte d’Ivoire à partir des perceptions des acteurs locaux. S’inscrivant dans une approche de pluralisme normatif et de sociologie politique, l’étude montre que la terre dépasse sa fonction économique pour devenir un marqueur d’identité, de pouvoir et de citoyenneté locale. Elle repose sur une enquête quantitative menée en 2019 auprès de 1 500 individus dans douze localités représentatives, traitée par statistiques descriptives et tests du chi². Les résultats révèlent que, malgré la faible occurrence de conflits ouverts, des tensions foncières sont largement perçues et attribuées aux populations allogènes, variant selon le contexte local et étant plus marquées dans les zones à forte pression foncière et migratoire. Les principaux facteurs aggravants identifiés sont l’accaparement des terres, le non-respect des normes coutumières et la défiance envers l’État. L’analyse souligne que ces tensions relèvent davantage de processus sociaux et politiques de construction du conflit que de rareté matérielle. La gouvernance foncière incomplète contribue à la politisation du foncier et fragilise durablement la cohésion sociale.

Abstract

This article examines the relationship between rural land and intercommunal tensions in Ivory Coast, based on local actors’ perceptions. Grounded in a normative pluralism and political sociology framework, the study shows that land goes beyond its economic role to serve as a marker of identity, power, and local citizenship. It draws on a 2019 quantitative survey of 1,500 individuals across twelve representative localities, analyzed using descriptive statistics and chi-square tests. The results indicate that, despite the low incidence of open conflicts, land tensions are widely perceived and largely attributed to non-native populations. These perceptions vary according to local contexts and are more pronounced in areas of high land pressure and migration. Key aggravating factors include land grabbing, disregard for customary norms, and distrust of the state. The analysis highlights that these tensions stem primarily from social and political processes of conflict construction rather than material scarcity. Incomplete land governance reinforces the politicization of land and sustainably weakens social cohesion.

Mots-clés

Pour citer cet article

(2026). "Foncier rural et tensions intercommunautaires en Côte d’Ivoire : perceptions sociales, dynamiques migratoires et enjeux de gouvernance". AFLASH, Vol(13)2, pp. 252-265.