Pratiques cotonnières et durabilité socio-environnementale dans le département de Korhogo (Côte d’Ivoire)
Résumé
La culture du coton constitue une activité majeure dans les dynamiques agricoles du nord de la Côte d’Ivoire, mais son expansion soulève des enjeux de durabilité socio-environnementale. Dans le département de Korhogo, les systèmes cotonniers reposent largement sur l’usage intensif d’intrants chimiques, ce qui interroge les conditions de gestion durable des ressources naturelles. Cette étude analyse les pratiques cotonnières et leurs effets sur la durabilité agro-environnementale des exploitations agricoles à partir de la méthode IDEA. La méthodologie repose sur une approche mixte combinant enquêtes par questionnaire, entretiens semi-structurés et recherche documentaire. Les données ont été collectées auprès de 100 producteurs répartis dans les sous-préfectures de Karakoro, Niofoin et Korhogo. Les traitements statistiques ont été réalisés avec Excel et SPSS, tandis que l’évaluation de la durabilité agro-environnementale s’est appuyée sur les indicateurs de la méthode IDEA. Les résultats montrent une forte domination masculine dans la production cotonnière, avec plus de 93 % d’hommes dans les exploitations étudiées. Les producteurs analphabètes représentent entre 72 % et 83,67 % des enquêtés. L’étude révèle également une dépendance généralisée aux intrants chimiques : 100 % des producteurs utilisent des engrais minéraux et des pesticides chimiques. Les insecticides représentent 88,22 % des produits phytosanitaires utilisés, tandis qu’aucun producteur n’utilise de pesticides biologiques. À l’inverse, le recours aux fertilisants organiques demeure faible, avec seulement 5 % à 17,5 % des producteurs utilisant le compost. Les scores de durabilité agro-environnementale restent relativement faibles, notamment pour les pratiques agricoles (9,5 à 11,5 points sur 34) et l’organisation de l’espace (8 à 9,5 points sur 33). Ces résultats traduisent les tensions persistantes entre impératifs de productivité agricole et exigences de durabilité environnementale dans les systèmes cotonniers du nord ivoirien.
Abstract
Cotton cultivation plays a central role in the agricultural and economic dynamics of northern Côte d'Ivoire, but its development is accompanied by significant socio-environmental transformations. In the Korhogo department, cotton farming systems rely heavily on the intensive use of chemical inputs, raising questions about the sustainability of farms. This study analyzes cotton farming practices and their effects on socio-environmental sustainability from the agro-environmental dimension of the IDEA method. The methodology is based on a mixed approach combining field surveys, semi-structured interviews and documentary research. The data was collected from 100 producers spread across several sub-prefectures of the Korhogo department, including Karakoro, Niofoin and Korhogo. The information collected was processed using Excel and SPSS software, while the assessment of agro-environmental sustainability was carried out using the indicators of the IDEA method. The results show a strong male dominance in cotton production, with over 93% of the farms studied being men. Illiterate producers represent between 72% and 83.67% of those surveyed. The study also reveals a widespread dependence on chemical inputs: 100% of producers use mineral fertilizers and chemical pesticides. Insecticides account for 88.22% of plant protection products used, while no producer uses biological pesticides. Conversely, the use of organic fertilizers remains low, with only 5% to 17.5% of producers using compost. Agro-environmental sustainability scores remain relatively low, particularly for agricultural practices (9.5 to 11.5 points out of 34) and spatial organization (8 to 9.5 points out of 33). These results reflect the persistent tensions between agricultural productivity imperatives and environmental sustainability requirements in cotton systems in northern Ivory Coast.
Mots-clés
Pour citer cet article
(2026). "Pratiques cotonnières et durabilité socio-environnementale dans le département de Korhogo (Côte d’Ivoire)". AFLASH, Vol(13)2, pp. 696-716.