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Annales de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines

Revue de l'Université de Moundou

Perceptions sociales du cadastre au Bénin : entre espoir de sécurisation foncière et craintes fiscales à Abomey-Calavi

Auteur(s)

CA
Chacou Charlotte ALE Correspondant

Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry (UGLCS) / Université d’Abomey-Calavi - Bénin

baquetale@gmail.com

Résumé

Cette étude analyse les perceptions sociales du cadastre dans le village de Kpossidja, situé dans l’arrondissement de Ouèdo (commune d’Abomey-Calavi, Bénin), en mettant l’accent sur les facteurs qui influencent son appropriation par les populations. La recherche repose sur une approche qualitative conduite auprès de 36 acteurs (propriétaires fonciers, hommes et femmes, autorités politico-administratives et gestionnaires du foncier) au moyen d’entretiens semi-directifs soumis à une analyse thématique de contenu. Les résultats montrent qu’au début de la mise en œuvre du cadastre, les populations associaient principalement l’enregistrement des terres à un renforcement du contrôle fiscal de l’État, ce qui a suscité une forte méfiance et des résistances. Toutefois, l’expérience progressive du dispositif, les campagnes de sensibilisation et les premiers effets observés, notamment la clarification des limites parcellaires, la réduction des doubles ventes et la diminution des conflits fonciers, ont progressivement transformé ces perceptions. Le cadastre est désormais largement reconnu comme un instrument de sécurisation des droits fonciers, de transparence des transactions et de consolidation de la paix sociale, même si des réticences liées aux coûts d’immatriculation subsistent. L’étude montre que l’acceptation sociale du cadastre dépend autant de la confiance institutionnelle et de la communication avec les populations que de la qualité technique du système cadastral. Elle souligne ainsi que la réussite des réformes foncières ne repose pas uniquement sur les innovations juridiques et technologiques, mais également sur leur appropriation sociale par les communautés concernées.

Abstract

This study analyzes the social perceptions of the land register (cadastre) in the village of Kpossidja, located in the arrondissement of Ouèdo (commune of Abomey-Calavi, Benin), with particular attention to the factors shaping its social acceptance. A qualitative approach was adopted based on semi-structured interviews with 36 participants, including landowners, men and women, local authorities and land administration officers. Data were analyzed using thematic content analysis. The findings reveal that, during the initial implementation phase, the cadastre was widely perceived as a governmental instrument for increasing land taxation, generating distrust and resistance among local communities. However, awareness campaigns, practical experience with the cadastral system and the visible benefits of parcel demarcation, secure ownership identification, reduced double sales and fewer land disputes gradually transformed these perceptions. The cadastre is now increasingly regarded as an effective mechanism for strengthening land tenure security, improving transparency in land transactions and promoting social peace, although concerns about registration costs persist. The study shows that the success of cadastral reforms depends not only on technical and legal innovations but also on institutional trust, effective communication and the social appropriation of the reform by local communities. These findings contribute to ongoing debates on land governance and cadastral reforms in Sub-Saharan Africa by highlighting the central role of social perceptions in the effectiveness of land administration systems.

Mots-clés

Pour citer cet article

ALE Chacou Charlotte (2026). "Perceptions sociales du cadastre au Bénin : entre espoir de sécurisation foncière et craintes fiscales à Abomey-Calavi". AFLASH, Vol(13)4, pp. 522-540.