Résumé
Issu du IIe colloque international pluridisciplinaire du Groupement d’Intérêt Scientifique « Pensées genre, Penser autrement » (GIS-PGPA), tenu à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan du 6 au 8 mai 2026, cet ouvrage collectif, dirigé par Nakpon Joceline Agbadou-Boli et préfacé par Prisca Justine Ehui, rassemble une soixantaine de contributions autour d’une notion fédératrice : les « petites et grandes victoires » de la femme au développement de l’Afrique. Les auteurs soutiennent que les avancées féminines ne se réduisent pas aux conquêtes politiques ou institutionnelles visibles, mais englobent les transformations discrètes du quotidien, dans les foyers, les marchés, les champs, les écoles et les laboratoires, qui, cumulées, deviennent une force de transformation du continent. Dans une perspective pluridisciplinaire mobilisant l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, l’économie, la littérature et l’archéologie, l’ouvrage explore successivement la participation des femmes à l’économie, de la culture de l’anacarde à la pêche artisanale et au crédit numérique, leur place dans la sphère politique, le leadership et l’égalité des genres, l’éducation, la santé, l’archéologie au féminin, l’environnement et l’agroécologie, la criminalité et les violences basées sur le genre, les arts et la littérature, l’histoire des luttes féministes, ainsi que les charges sociales et l’insertion professionnelle. Les contributions documentent à la fois les réussites féminines et les résistances persistantes que constituent la domination masculine, le plafond de verre, la ségrégation professionnelle, les normes socioreligieuses et la double charge domestique et professionnelle. Plusieurs études soulignent le paradoxe de stratégies d’adaptation qui, loin de renverser l’ordre établi, contribuent parfois à le reconduire. La thèse centrale de l’ouvrage invite à dépasser la représentation de la femme africaine comme simple bénéficiaire des politiques publiques pour la reconnaître comme sujet de droits, productrice de savoirs, actrice du changement et partenaire incontournable du développement. Le livre contribue à la construction d’une mémoire scientifique des initiatives et des réussites féminines et plaide pour leur pleine visibilisation.
Abstract
Stemming from the 2nd international multidisciplinary colloquium of the "Pensées genre, Penser autrement" (GIS-PGPA) Scientific Interest Group—held at Félix Houphouët-Boigny University in Abidjan from May 6 to 8, 2026—this collective volume, edited by Nakpon Joceline Agbadou-Boli with a preface by Prisca Justine Ehui, brings together around sixty contributions centered on a unifying theme: the "small and great victories" of women in Africa’s development. The authors argue that women's progress is not limited to visible political or institutional gains but encompasses subtle, everyday transformations—in households, markets, fields, schools, and laboratories—which, cumulatively, become a force for transforming the continent. Adopting a multidisciplinary approach that draws on history, sociology, anthropology, economics, literature, and archaeology, the book explores a range of topics: women's economic participation (from cashew farming to artisanal fishing and digital credit); their role in the political sphere, leadership, and gender equality; education; health; women in archaeology; the environment and agroecology; crime and gender-based violence; arts and literature; the history of feminist struggles; and social burdens and professional integration. The contributions document both women's achievements and the persistent obstacles posed by male domination, the glass ceiling, occupational segregation, socio-religious norms, and the dual burden of domestic and professional responsibilities. Several studies highlight the paradox of coping strategies that, far from overturning the established order, sometimes contribute to perpetuating it. The book’s central thesis calls for moving beyond the portrayal of the African woman as a mere beneficiary of public policies, recognizing her instead as a rights-holder, a producer of knowledge, an agent of change, and an essential partner in development. The work contributes to building a scholarly record of women’s initiatives and achievements and advocates for their full visibility.